Catherine Légaré voulait être psychologue. Elle est devenue entrepreneure techno!

« Jeune, je ne me destinais absolument pas au monde des affaires, dit-elle. Je voulais être psy, recevoir des clients dans mon bureau. Ce que je fais aujourd’hui n’a rien à voir! »

Elle a fondé le site Academos en 1999 : c’était le projet de recherches de son doctorat en psychologie. « Ça a tellement bien marché qu’avec les années, c’est devenu une entreprise, ajoute-t-elle. Le trafic a constamment augmenté, j’ai embauché, on a grandi. Au bout d’une dizaine d’années, j’ai réalisé que j’étais une vraie entrepreneure! »

Et pour cause, Academos, un OSBL, aura 21 000 nouveaux clients cette année; 80 000 jeunes sont membres de la plateforme ainsi que 2 600 mentors. Academos permet aux jeunes de dialoguer avec un mentor, c’est-à-dire une personne qui exerce le métier qu’ils convoitent, directement sur leur téléphone ou tablette, grâce à une application de chat et de messagerie qui s’apparente à Messenger. Les jeunes de 14 à 30 ans se connectent gratuitement depuis 1999. Academos travaille en partenariat avec le secteur privé et le monde de l’éducation. « C’est un véhicule fantastique pour moi : on travaille avec des jeunes sur la persévérance et la psychologie scolaire, pour motiver les jeunes, pour faire en sorte qu’ils s’accomplissent. Et on le fait à très grande échelle. La portée est beaucoup plus grande que si j’étais en cabinet. Et je m’amuse bien plus que si j’étais un psy ! »

Catherine Légaré doit gérer du personnel, des employés, préparer un budget, travailler avec un conseil d’administration : sa réalité ne diffère pas de celle d’un entrepreneur classique, sauf pour la gouvernance et la finalité de son action. Elle doit accompagner ses 2 600 mentors, travailler avec des écoles; son personnel est composé de spécialistes.

De la psychologie à l’univers des technos

Ce qui a amené Catherine Légaré à la psychologie lui a aussi permis de bâtir son entreprise. Elle s’intéressait aux causes du bonheur et de la réussite. « Pourquoi certains adultes se sentent épanouis alors que, pour d’autres, c’est toujours pénible, dit-elle. J’avais constaté cette réalité autour de moi, au sein de mes amis ados. Lors d’une journée carrière, j’avais rencontré une psy. Elle m’a transmis sa satisfaction de se rendre utile, d’aider les gens à être heureux. C’est ce qui m’a convaincue. »

Mais son côté geekette a rapidement pris le dessus : « Aujourd’hui, si j’avais 20 ans, je lancerais une startup techno, dit-elle. Quand j’étais enfant, on avait un Commodore Vic20 à la maison. Notre famille s’est branchée très tôt au web. J’ai rapidement compris tout le potentiel de ces outils pour faciliter la communication. Internet, les courriels, les réseaux sociaux, ces moyens de communication tout bouleversé. Quand j’étais jeune, je voulais changer le monde. C’est pour ça que j’ai tant cliqué sur la technologie. Aujourd’hui, on entend beaucoup parler des effets négatifs d’Internet, notamment avec Facebook ou AirBnB. Malgré tout, je suis très « tech for social good ». Résultat : le web m’a permis de fonder Academos et de lancer d’autres projets pour le bien de la société.

Dernier en date : Elo. Il s’agit de l’adaptation de la technologie d’Academos au monde des affaires. Elo permet de créer des liens et d’accompagner entrepreneurs, professionnels, entreprises et mentors. Le service est offert depuis juillet.

« Ma mission de vie reste la même, constate Catherine Légaré. J’ai juste des moyens d’action différents. Et j’ai beaucoup plus de plaisir que si je travaillais en cabinet. Le plaisir, c’est fondamental, n’est-ce pas? »

Une collaboration de Stéphane Desjardins.

 

Assistez à la conférence de Catherine Légaré :

Parcours : Espaces interactifs pour résoudre vos enjeux entrepreneuriaux

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