Jean-Philippe Bouchard produit du gin avec des épices de la forêt boréale du Saguenay. Depuis deux ans, il connaît un énorme succès.

Jean-Philippe Bouchard, entrepreneur mentoré et ambassadeur du Rendez-vous Réseau M 2018 | Crédits photo : Sylviane Robini

La Distillerie du Fjord produit le gin KM12, qui est distribué à la SAQ. Par mal pour une entreprise qui n’a que deux ans d’existence et qui a lancé son produit phare l’an dernier!

Jean-Philippe Bouchard a démarré son entreprise avec son père, ingénieur à la retraite, dans le sous-sol de son frère, chimiste de formation.  « Le gin a toujours été notre boisson de prédilection, dit-il. On a décidé de s’inspirer de la richesse de la forêt boréale. On a baptisé notre produit en l’honneur du douzième kilomètre de la route où se trouve une source, près du village de Saint-David-de-Falardeau. Nous y puisons l’eau qui sert à calibrer l’alcool, à la fin du processus de fabrication. L’endroit est situé au pied des monts Vallin.»

En quelques mois, le KM12 gagne un prix à Londres. Il est régulièrement classé parmi les meilleurs gins québécois. « On utilise des ingrédients comme le poivre des dunes, le myrique baumier, de jeunes pousses de sapins et aussi le nard des pinèdes. Cette dernière plante, qui rappelle la cardamone, est considérée comme la mauvaise herbe des bleuetières. Elle est arrachée à la main. On lui donne donc une deuxième vie. », explique-t-il.

Pour le moment, le KM12 n’est vendu qu’au Québec, car l’entreprise est incapable de suffire à la demande ! L’objectif est d’agrandir la distillerie afin de développer de nouveaux produits, comme certaines liqueurs ou whiskys, et d’autres types de gin.

Partages d’expériences

Pour Jean-Philippe Bouchard, il est tout naturel, pour un jeune entrepreneur, d’être accompagné par un mentor. « Il travaille sur moi, pas sur l’entreprise. Le mien n’est pas un professionnel de l’industrie des spiritueux. Il est un entrepreneur. Il a été en affaires avec sa famille; il a connu des hauts et des bas. Avec son bagage, il pose les bonnes questions. Il me permet de trouver les bonnes réponses ! »

De juste parler des défis, des obstacles, d’effectuer une introspection sur sa façon d’aborder les affaires permet au mentoré d’obtenir des résultats, d’avoir confiance en soi, de passer au travers de certaines crises, ajoute-t-il. « On dit souvent que la nuit porte conseil. Le mentorat fait la même chose : ça donne du recul », dit-il.

Jean-Philippe Bouchard constate que les mentors du Réseau M sont bien encadrés : par leur manière d’interagir, ils ne donnent pas les réponses aux réflexions qu’ils suscitent chez leurs mentorés. « C’est comme un partage de sagesse et d’expérience. »

Qu’ils déjeunent une fois aux cinq semaines ou qu’ils se téléphonent de manière impromptue, le résultat est le même : « Ça me permet de me détacher pour ne pas prendre ça personnel à chaque fois qu’on fait face à un obstacle. Car, soyons francs, je ne me doutais vraiment pas qu’être en affaires, ça allait être aussi difficile ! »

Jean-Philippe Bouchard reconnaît aussi que le mentorat lui a permis d’instaurer un certain équilibre : « Je vis une passion. J’étais avec ma conjointe avant que je devienne entrepreneur. J’ai dû faire des ajustements parce que je pouvais parler de gin 24 heures par jour. Il fallait que j’instaure un certain équilibre dans ma vie. »

L’ancien directeur de compte à la BDC ne regrette aucunement d’avoir fait le saut dans le merveilleux monde des affaires : « Avant, j’avais un bon salaire et des conditions de travail incroyables. Maintenant, je travaille 100 heures par semaine pour des pinottes. Mais c’est ma meilleure décision à vie ! »

 

Une collaboration de Stéphane Desjardins.

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