Marie Amiot dirige une école de créativité. Dans une économie en pleine mutation, la créativité est plus que jamais une compétence clé recherchée par les organisations.

« On dit souvent que la créativité est un super pouvoir, dit la P.D.G. Tant chez les jeunes qui se lancent en affaires que chez les membres d’organisation établies de longue date, tout le monde doit développer ses compétences créatives. »

Pour Marie Amiot, la créativité n’a rien à voir avec un talent artistique. C’est avant tout une posture mentale. La personne doit avoir la capacité de développer des solutions nouvelles, de voir les choses différemment, de s’ouvrir, de se lancer. En somme, d’avoir du courage.

Elle cite une étude récente du Forum économique mondial statuant que la créativité fasse partie des dix compétences clés à développer chez les entreprises et les travailleurs d’ici 2020. Mais la créativité, pour plusieurs, ne se développe pas toute seule.

« En fait, contrairement aux idées reçues, la créativité, ça s’enseigne », confirme Mme Amiot.

Rattraper le retard

Le Québec a dix ans de retard sur nombre de sociétés innovantes, confirme celle qui a travaillé deux ans à la Fondation Chagnon avant de fonder la Factry. Elle a aussi travaillé au sein de Sid Lee, Teleglobe (à l’époque de la déréglementation des télécommunications), Domtar ou pour diverses agences de publicité, où elle a géré des comptes de clients ou de causes qui avaient un impact collectif, comme la STM, Gaz Métro (aujourd’hui Énergir), IGA, Revenu Québec…

En 2016, elle lance la Factry, un OBNL, avec Hélène Godin, qui est chef de la création, Philippe Meunier, comme président du conseil (il a fondé Sid Lee), et des partenaires comme le Collège Sainte-Anne, A2C (l’Association des agences de communication créative), la Banque Nationale, BRP, Lavery Avocats et la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

« Au départ, c’était une idée audacieuse d’offrir des cours de créativité sous forme de formations continues à des professionnels et des entrepreneurs, dit-elle. Mais c’est une réalité depuis longtemps dans les pays scandinaves avec Kaospilot et Hyper Island, en Europe avec THNK, ou aux États-Unis avec la Singularity University. Aujourd’hui, la Factry offre une quinzaine de programmes, soit 200 heures de formation qui se donnent nulle part ailleurs, qui sont très innovantes, et offertes par des formateurs issus du monde des affaires, de l’enseignement et d’entreprises créatives. Nous sommes la première école au pays entièrement centrée sur le développement des compétences créatives comme vecteur d’innovation. »

Un besoin criant

Les formations offertes par la Factry permettent de développer sa créativité personnelle en la mettant en pratique : « Nos étudiants apprennent la cocréation, le leadership créatif, le design thinking, le brainstorm, le potentiel du big data… Nous nous intéressons à tout ce qui est en transformation chez les individus, les entreprises, la société en général. On prépare les gens et les organisations à supporter l’innovation », explique-t-elle, ajoutant que c’est certes un avantage de disposer de la technologie, mais que les cerveaux et les cœurs doivent aussi être prêts à s’ouvrir aux nouveaux modèles technologiques, économiques et sociaux.

Marie Amiot confie que, lors de son parcours professionnel, elle a été exposée à des talents provenant de partout dans le monde et à différentes écoles de pensées à l’international ; qu’il y avait un besoin sur le marché. Et, surtout, qu’une telle école a un effet durable, car elle renforce notablement la communauté qu’elle dessert, comme ce fut le cas avec l’École nationale de l’humour et l’École nationale de cirque, qui sont de calibre mondial.

« La créativité est partout et elle n’a pas d’âge. Elle n’a rien à voir avec les apparences : que vous portiez une cravate ou des tatouages, que vous soyez jeune ou vieux, que vous veniez de disciplines différentes, que vous soyez francophone ou anglophone, c’est la nouvelle façon de travailler. C’est la clé des entreprises de demain. Nous sommes passés de la révolution industrielle à la révolution créative. Nous vivons une époque de grands changements. Il faut briller », conclut Marie Amiot, qui rappelle que le nom de l’école, Factry, rappelle une autre époque de grands changements, l’avènement de la révolution industrielle, où les Québécois allaient travailler… à la Factry.

 

Cet article est une collaboration de Stéphane Desjardins.

 

Assistez à la conférence Marie Amiot et Hélène Godin :

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